V – 4.3.9. Saturation des forêts

dd dddddddddddddddd dddddddddddddddd dd

Sources et commentaires

Rôle des forêts dans le bilan de carbone de la planète

À l’échelle de la planète, les forêts constituent le principal puits de carbone en milieu continental. Cependant, à une échelle plus locale, si certaines forêts constituent bien des puits de carbone, d’autres jouent le rôle de sources. Le flux net de carbone dépend en effet de différents facteurs naturels et anthropiques. En particulier, les activités humaines peuvent aussi bien favoriser le stockage de carbone (protection et expansion des surfaces de forêts, effet fertilisant du CO2 libéré par les activités humaines) qu’au contraire en provoquer la libération (déforestation, dégradations).

(…)

es forêts capteraient, selon les estimations, entre 70 et 100 % des 1,8 GtC/an absorbés au niveau des surfaces continentales. Les surfaces non forestières (prairies, cultures, toundra, etc.) capteraient donc entre 0 et 30 % de ces 1,8 GtC/an. L’incertitude sur les contributions relatives des forêts et des zones non forestières dans le piégeage du CO2 traduit le fait que différentes méthodes, avec leurs incertitudes associées, sont employées pour estimer les stocks de carbone et leurs variations et qu’elles ne convergent pas vers les mêmes résultats. Quoi qu’il en soit, les forêts constituent le principal puits de carbone en milieu continental. En outre, elles représentent également une source de carbone via la déforestation. Comprendre le rôle des forêts dans le cycle du carbone est donc essentiel pour pouvoir faire face au réchauffement climatique.

Figure 1 – Cycle global du carbone

Les stocks de carbone sont représentés par des ronds tandis que les flux de carbone sont figurés par des flèches de différentes couleurs. Rose : volcanisme ; gris : combustibles fossiles et production de ciment ; jaune : changements d’occupation des sols (déforestation principalement) ; vert clair : flux net correspondant à la photosynthèse ; bleu-vert : flux net correspondant à la dissolution du carbone atmosphérique dans les océans.

(…)

Répartition des stocks de carbone de la forêt

Les stocks de carbone de la forêt correspondent au stock de carbone présent dans la végétation (parties aériennes et souterraines), le sol, le bois mort et la litière. Les forêts couvrent la planète sur environ 3 900 millions d’hectares et se répartissent dans trois grands domaines géographiques : tropical pour 50 % environ (2 000 Mha), boréal (1 100 Mha) et tempéré (750 Mha) ([21], Table S2).

Selon une étude publiée en 2011 par Yude Pan et ses collaborateurs [21], les stocks des forêts de la planète sont de l’ordre de 860 GtC, dont 380 PgC (44 %) dans le sol (jusqu’à environ un mètre de profondeur), 360 GtC (42 %) dans la biomasse vivante (aérienne et souterraine), 75 GtC (9 %) dans le bois mort, et 45 GtC (5 %) dans la litière. Géographiquement, la forêt tropicale représente plus de la moitié des stocks (470 GtC, 55 %) et le reste du stock est reparti dans la forêt boréale (270 GtC, 32 %) et tempérée (120 GtC, 14 %) (Figure 3).

Figure 3 – Flux et stocks de carbone au niveau des forêts

A. Surface de forêts par types de forêts.
B. Flux de carbone d’origine anthropique (combustibles fossiles et production de ciment) et séquestration par l’atmosphère, les continents et les océans.
C. Stock de carbone par type de forêts.
D. Stock de carbone par type de composant des forêts.
Source des données : A, C et D: Pan et coll., 2011, Science ; B : Friedlingstein et coll., 2020 Earth System Science Data. Remarque : Il existe beaucoup d’incertitudes sur les valeurs absolues des flux et stocks de carbone dans les forêts, ce qui explique des écarts parfois assez importants entre les estimations faites par différentes études scientifiques. En particulier, le stock de carbone des forêts estimé par Pan et coll. (860 GtC) est supérieur à celui estimé par le Global Carbon Project (entre 450 et 650 GtC ; voir également Fig. 1).

La densité des stocks est similaire dans les forêts tropicales et boréales (242 contre 239 MgC.ha–1), mais elle est plus faible de 60 % dans les forêts tempérées (environ 150 MgC.ha–1 ). Il faut noter une différence fondamentale dans la structure des stocks de carbone dans les forêts tropicales et boréales. Dans les forêts tropicales, les stocks se localisent principalement dans la biomasse (56 %) contre 32 % pour le sol alors que, dans les forêts boréales, ils sont principalement dans le sol (60 %) contre 20 % pour la biomasse. Ainsi, si l’on ne considère que la biomasse vivante (aérienne et souterraine), sur un total de 360 GtC, les tropiques représentent environ 70 % (260 GtC) des stocks de carbone des forêts de la planète, dont à peu près 40 % (140 GtC) pour la seule partie tropicale américaine et 25 % (93 GtC) en considérant uniquement la biomasse aérienne vivante de l’Amazonie [18] (Fig. 4).

Figure 4 – Carte globale de la biomasse aérienne (AGB, aboveground biomass, en Mg/ha) estimée à partir d’observations de télédétection optique et radar.

Voir la source : https://planet-vie.ens.fr/thematiques/ecologie/cycles-biogeochimiques/role-des-forets-dans-le-bilan-de-carbone-de-la-planete

Les forêts tropicales intactes du monde ont atteint leur “pic d’absorption du carbone” dans les années 1990

Par Simon Lewis, chercheur en science du changement mondial à l’Université de Leeds et à l’University College London, et collaborateur de Carbon Brief.
https://www.carbonbrief.org/guest-post-worlds-intact-tropical-forests-reached-peak-carbon-uptake-in-1990s

La surface terrestre de la planète élimine actuellement environ 30 % de toutes les émissions de CO2 générées par l’homme, les forêts tropicales jouant un rôle majeur dans ce “puits de carbone”.

Les forêts tropicales intactes revêtent une importance particulière. Selon un document de référence publié en 2011, elles ont absorbé 15 % de toutes les émissions de CO2 générées par l’homme entre 1990 et 2007.

Cette recherche a montré que les forêts tropicales intactes qui ne sont pas perturbées par l’exploitation forestière ou les incendies s’agrandissent en moyenne au fil du temps — ce qui serait dû à l’augmentation des niveaux de CO2 dans l’atmosphère qui stimule la photosynthèse.

Cependant, une nouvelle recherche publiée cette semaine dans Nature, par mes collègues et moi-même, brosse un tableau beaucoup plus alarmant du rôle des forêts tropicales dans le ralentissement du changement climatique.

En utilisant deux grands ensembles de données sur les forêts en Afrique et en Amérique du Sud, couvrant 300 000 arbres, nous montrons que le puits de carbone dans les forêts tropicales est en déclin rapide.

En fait, selon notre analyse, la capacité des forêts tropicales intactes à éliminer le CO2 de l’atmosphère a atteint son maximum dans les années 1990 et est en déclin depuis.

https://jmj-fanpage.medium.com/les-for%C3%AAts-tropicales-intactes-du-monde-ont-atteint-leur-pic-dabsorption-du-carbone-dans-les-fea3a92b27a8#:~:text=Dans%20les%20ann%C3%A9es%202010%2C%20la,humaine%20dans%20les%20ann%C3%A9es%202010.

Le cycle du carbone et la forêt (ONF)

En 2005, les forêts couvraient 3,95 milliards d’ha (soit 30% de la surface terrestre) et renfermaient plus de la moitié du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres. Les actions humaines, mais aussi certains phénomènes naturels, sont susceptibles de modifier ce stock, à la hausse ou à la baisse. Aujourd’hui, le bilan carbone de la forêt reste positif au niveau mondial : la forêt stocke du carbone.

Toutes les forêts sont des réservoirs de carbone

Les forêts retiennent le carbone à la fois dans la biomasse vivante et morte, dans les matières organiques en décomposition et dans les sols. Ce sont les processus de photosynthèse, de respiration, de transpiration, de décomposition et de combustion qui entretiennent la circulation naturelle du carbone entre la forêt et l’atmosphère.

Ce mode de fonctionnement dynamique des écosystèmes forestiers leur permet de recycler le carbone. Ils jouent donc un rôle important dans le cycle mondial du carbone : lorsque le stock de carbone augmente, le flux net de l’atmosphère vers l’écosystème forestier est positif et on parle alors de puits de carbone ; dans l’autre sens, on parle de source de carbone.

Dans le cas d’une forêt à l’équilibre, ces flux se neutralisent à peu près, c’est-à-dire que le stock de carbone dans la biomasse est stationnaire.

Les activités humaines modifient les stocks et les échanges

De nos jours, dans les forêts tempérées gérées durablement, les boisements et l’entretien des forêts permettent d’accumuler des quantités importantes de carbone.

Toutefois, certaines perturbations de l’écosystème peuvent diminuer le stock de carbone en forêt et entraîner des sources de carbone. Ces perturbations peuvent être naturelles (incendie, tempête, attaque phytosanitaire), mais le plus souvent elles sont liées aux activités humaines (déforestation, exploitation).

Ainsi, des quantités considérables de carbone ont été libérées en raison du déboisement opéré depuis des siècles aux latitudes moyennes et élevées, et dans la dernière partie du XXe siècle dans les régions tropicales. Actuellement, la déforestation tropicale induit chaque année l’émission de 6 gigatonnes de CO2, soit de l’ordre de 20% des émissions mondiales annuelles de CO2.

Toutefois, le bilan net reste un puits de 0,7 milliard de tonnes de carbone (MtC) par an : 2,3 MtC fixé par la biosphère continentale moins 1,6 MtC émis par déforestation (voir graphique).

Quel impact à long terme ?

Actuellement, il semble que l’augmentation de la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère et les dépôts azotés aient tendance à augmenter la productivité des forêts, en France comme à l’échelle mondiale.

Cependant, les experts du du GIEC, réunis en début d’année 2007, s’accordent, après d’âpres négociations, sur un diagnostic inquiétant des impacts à venir du réchauffement climatique.

Source : http://www1.onf.fr/gestion_durable/++oid++2a9/@@display_advise.html

Recevez directement le nouveau contenu dans votre boîte de réception.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :